Piratez-moi, je le veux !

Nous vivons une époque formidable. Nous vivons une époque où règne le ContentID de Youtube. Et le ContentID, il dit que « Gone Too Soon » de LukHash est une contrefaçon de « Rain Maker » de Liquid Optimism, les administrateurs de ce dernier pouvant alors profiter du premier (et puis fermes ta gueule, c’est ainsi et puis c’est tout).

Timo le souligne avec raison, le droit d’auteur est devenu du grand n’importe quoi, à mille lieux de son esprit d’origine. Mais en même temps il fallait s’y attendre, voilà un siècle qu’on se sert du droit d’auteur comme pilier central d’une industrie. Et qui dit grosses pépètes, dit « si tu joue au con avec moi j’te fracasse le crâne à coups de procès ». Ça marche aussi dans la « vraie vie » avec d’autres industries, comme les vendeurs de gaufres.

Et puis comme si un tel droit d’auteur était normal, je vois des gens, d’authentiques créateurs d’œuvres culturelles, faire leur possible pour limiter la  diffusion de leurs œuvres. Faire cela est simple: ne rien préciser. Y est donc applicable un droit d’auteur sous sa forme standard, un truc si pèle-mêle que le public ignore ses droits et n’ose alors tout simplement pas faire quoi que ce soit malgré la volonté d’aider le créateur.

Un exemple me vient en tête: de temps en temps je lis les articles de Gaël qui me semblent intéressants, articles qu’il publie sur K*npai.fr. J’aurais bien apprécié le citer ou même tout simplement faire un lien vers le contenu intéressant, mais là ce qui me retient c’est le doute. Devrais-je donner de la visibilité à ces contenus intéressants ? En effet Gaël me semble devenir de plus en plus « industriel » avec son approche de la création culturelle: un maximum est fait pour « monétiser » le contenu, et par conséquent une simple courte citation, pourtant parfaitement légale conformément à la convention de Berne, mettrait Gaël en colère. L’article « Comment encourager et aider K*npai » va même plus loin je crains, puisque Gaël limite exclusivement le « partager, faire connaître » à: J’aime/partager sur Facebook, Tweeter, +1, ..  faire un lien vers K*npai, évoquer le site oralement… et carrément faire l’intermédiaire pour des sponsors. 😯 Le pire étant que mon Ghostery est rarement aussi sollicité que lorsque je vais sur le site: 10 éléments, bordel !! Comment voulez-vous que je « partage » du contenu intéressant avec mes contacts si c’est pour que ces derniers se fassent profiler et ainsi violer leur vie privée ? C’est juste pas possible…  Et comme Gaël fait ça bien, le flux RSS est incomplet ce qui rend inutiles les tentatives de « sauvetage » du contenu hors de cette boite à traçages.

Amis blogueurs, ne faites pas ça.

Vous êtes protégés par le droit d’auteur, mais vous ne devez pas vous en servir comme le font les pires crapules de l’industrie culturelle. Vous êtes un être humain qui veut communiquer, qui veut émouvoir, amuser, informer, bref.. un artiste.

Créez quand vous le voulez, créez où vous le voulez, créez autant que vous le voulez. Utilisez votre liberté d’expression, ne déformez pas vos créations pour les « adapter au plus grand nombre ou aux annonceurs ». Et puis rendez au public les droits qui lui ont été confisqués: publiez vos créations sous une licence qui en autorise la diffusion, utilisez une licence qui vous démarque des industriels crapuleux. Creative Commons, Licence Art Libre, GNU General Public License, licence CeCILL, licence Kopimi.. à vous de choisir l’étendue des droits que vous voulez rendre à votre public, montrez à quel point vous le respectez et l’encouragez à partager vos œuvres. Et ne trahissez pas votre public en le livrant en pâture aux sociétés publicitaires.

On s’approche de plus en plus des premières guerres ouvertes entre d’un côté ceux qui veulent casser l’internet public en usant de propriété intellectuelle, et ceux qui acteront le changement sociétal en cours grâce à l’internet en réformant le droit d’auteur. Ma position à ce sujet est on ne peut plus claire, j’ai signé pour The Internet Defense League. Et si on pouvait éviter de s’entre-déchirer entre blogueurs, j’en serais content 🙁