Désactiver le chiffrement Android

Contexte: en tentant de passer de LineageOS à LineageOS+microG, je me suis foiré·e: le système a juste été wipé et les GApps étaient encore là (Open GApps-Pico). Mon téléphone est débloqué, rooté, ADB activé, et utilise TWRP comme recovery (bref, il a déjà subi mille outrages depuis sa sortie d’usine il y a moins de 2 mois, et cet article peut ne pas du tout être utile à votre situation).

Or à la config les GApps sont un peu traîtres, et peuvent utiliser votre schéma/code de déverrouillage comme schéma/code de chiffrement. C’est pas vraiment ce que je voulais. Et après quand j’ai enfin pu proprement effacer tout le système et installer LineageOS+microG pour réduire au maximum les dépendances à Google, bah le chiffrement est encore là et ne peut être désactivé dans Paramètres > Sécurité.

Étape 1: désactiver tout schéma/code de verrouillage

Je ne l’avais pas fait et du coup après retrait du chiffrement le système perd la correspondance et refuse de déverrouiller votre téléphone; dans ce cas j’ai pu supprimer « à la dure » le verrouillage en démarrant sur TWRP et supprimant les fichiers suivants dans /data/system:

  • gatekeeper.password.key
  • gatekeeper.pattern.key
  • locksettings.db*

Source de l’astuce

Donc vaut mieux proprement retirer tout code de verrouillage avant de passer à la suite:  Paramètres > Sécurité > « aucun »

Étape 2: faire une sauvegarde

J’ai redémarré le téléphone sur le recovery TWRP, entré le code de déchiffrement et fait un backup des partitions « system » et « data » vers la carte MicroSD (bien choisir la destination de sauvegarde « sdcard », pas internal storage). Bah oui j’ai vraiment pas envie de devoir réinstaller mon système et toutes les apps, tout reconfigurer etc. TWRP fait une copie « à la dd » donc ça peut mettre quelques minutes.

Étape 3: supprimer la partition chiffrée

(source de l’astuce)

J’ai redémarré le téléphone sur le recovery TWRP, mais sans entrer le code de déchiffrement (appuyer sur « cancel » à la demande du code de déchiffrement). Ainsi TWRP travaille sur les partitions principales, et non les volumes chiffrés LUKS-dmcrypt.

Ensuite:  Wipe > Advanced, cocher « data », et procéder à la suppression de la partition.

Redémarrer le téléphone, sur le recovery TWRP.

Étape 4: restaurer la sauvegarde

Déjà bonne nouvelle: TWRP ne demande plus de code de déchiffrement, confirmant que l’en-tête LUKS-dmcrypt n’est plus présent. Ni aucune data.

Aller dans Restore, sélectionner la sauvegarde précédemment faite sur la carte MicroSD, et patienter les quelques minutes nécessaires à la restauration de partition, redémarrer, et voilà: plus de chiffrement, aucune perte de données 🙂

Régimes, économies et gouvernements du futur

L’une des réponses de Stephen Hawking sur son AMA Reddit d’il y a 2 ans qui me travaille beaucoup dernièrement est celle-ci:

If machines produce everything we need, the outcome will depend on how things are distributed. Everyone can enjoy a life of luxurious leisure if the machine-produced wealth is shared, or most people can end up miserably poor if the machine-owners successfully lobby against wealth redistribution. So far, the trend seems to be toward the second option, with technology driving ever-increasing inequality.

La technologie

L’année 2017 touchera bientôt à sa fin, et je crois pouvoir dire que le premier mot de sa réponse est obsolète: ce n’est plus « if », c’est « when ».

Ce questionnement s’est ravivé quand j’ai commencé à regarder l’émission La Faute à L’Algo, diffusée par la chaine Nolife. Notamment son épisode 8, sur l’évolution du travail.

Parallèlement, il ne se passe pas une semaine sans qu’un industriel n’annonce une « percée » tantôt sur les voitures sans chauffeur, tantôt sur la livraison par drone, tantôt sur la vidéosurveillance à identification comportementale, tantôt sur la capacité d’un algorithme à surpasser les meilleurs joueurs humains sur les jeux (vidéo et non) les plus complexes.

Les progrès de l’apprentissage machine sont exponentiels. Algorithmes déjà capables de créer de l’art dans un style « façon Van Gogh » à partir d’un gribouillis, déjà capables d’identifier vos animaux de compagnie, … L’évolution est si rapide que la plasticité cérébrale humaine est insuffisante pour imaginer aujourd’hui ce qui sera possible dès 2018.

Prenez Le 5e élément, le film de Luc Besson. Le fait qu’en 2263, Korben Dallas conduise manuellement un taxi est déjà absurde, fut-il aérien, à peine 20 ans après la sortie de ce film quand Uber et consorts disruptent le système du taxi, et que des premiers véhicules roulent sans intervention humaine.

Et alors que Minority Report, qui date de 2002, imagine des capsules magnétiques de transport urbain sans chauffeur pour 2054, je pense que cela sera réalité autour de 2025 déjà. Ou du moins, en version à roues sans déplacement vertical.

Comme l’impression que même la science-fiction est disruptée, rendant très difficile d’imaginer la société du siècle prochain..

Bref, partons du principe que tous les secteurs d’activité soient majoritairement voire totalement robotisés dès 2030.

La politique

La Faute à l’Algo mentionne souvent « l’algorithme-président ». Ce qui est bien sûr ironique n’est sur le fond pas absurde: la gestion politique d’un pays entier étant/devenant beaucoup trop compliquée pour un·e président·e quel que soit le nombre de ministres autour, le pays se verrait dirigé par un algorithme (soit directement, soit encore un humain assisté par ordinateur). Et sachant que les politiciens confient déjà aux algorithmes la planification de leur campagne électorale et des éléments  de langage à placer pour « faire mouche », ils n’y seraient pas réfractaires.

Quoique: si je prends par exemple Donald Trump, un pays et sa population a beaucoup à gagner à déléguer le pouvoir à un algorithme plutôt qu’à un humain émotif et irrationnel.

« Déléguer » ? Comment est-ce que le principe démocratique pourrait-il être appliqué à ce modèle politique ? Le peuple élit un algorithme parmi plusieurs, ou élit l’un des programmes projets présentés par un même algorithme ? Et fondamentalement, qui serait à l’origine de cet algorithme ? Un parti ? Une entreprise ? Des développeurs sur Github ? Toute la population à travers une « auto-programmation » via l’actualité et des sondages d’opinion en ligne ?

L’économie

Quand est-ce qu’arrivera l’année-charnière, où la majorité de la population d’un pays devient inemployable, à la manière des chevaux de trait après l’invention de la Ford T ? Mon estimation au doigt mouillé: 2030.

Ce qui laisse très peu de temps pour arrêter de stigmatiser les chômeurs (« c’est des fainéants, des parasites, des traîtres envers la France qui se lève tôt » etc etc -c’est un discours qui ne choque pas aujourd’hui), et développer un modèle économique tenant compte de la robotisation massive du travail.

Je vois plusieurs options radicales:

  • les propriétaires de robots conservent tous leurs avantages, prennent le pouvoir et utilisent la robotique pour « tiers-Etatiser » voire détruire le reste de la population
  • la taxation de la robotique finance un revenu de base universel lequel garantit à toute la population une vie confortable et une totale liberté d’activité non-commerciale
  • la robotique est nationalisée/internationalisée et toute la population jouit de ses fruits gratuitement

J’ai du mal à anticiper l’effet de la démocratisation des cryptomonnaies (Bitcoin, Monero, Ethereum,..), puisque leur effet émancipateur de la monnaie étatique rend leur aspect fondamentalement démocratique mais d’autant plus compatible avec l’option numéro 1.

L’option 2, je sens encore une énorme opposition de la part de la population, surtout plus âgée de 40 ans, qui sont majoritaires et qui ne veulent pas voir « leur labeur de toute une vie » être distribué à tout le monde sans contrepartie. Le système du salaire de base peut apparaître comme un compromis, mais quelle serait la valeur d’un travail d’un humain (même non-marchand) dès lors qu’un robot le fait mieux ? En tout cas, le simple fait que ce n’est pas au centre de toutes discussions politiques en fin 2017 m’indique que les humains n’auront pas mis ça en place d’ici 2030.

L’option 3 enfin, repose sur un principe plus simple: l’algorithme à la tête de l’Etat gère tout, de l’urbanisation à la production de la moindre tomate-cerise, pour exploiter au mieux les ressources disponibles afin de maintenir et améliorer le confort de vie de toute la population. Cela peut être très radical, jusqu’à la planification de la natalité, le traitement médical du sentiment de colère et de haine des humains pour pas qu’ils s’entre-tuent, et l’auto-défense contre le luddisme. Un communisme nouveau, en gros.

Stephen Hawking, pessimiste ou réaliste ?

Stephen Hawking constate avec raison que la robotisation actuelle s’accompagne d’un accroissement des inégalités sociales. Des réformes profondes sont donc urgentes, avant que les algorithmes ne soient plus crées par des ingénieurs altruistes, au risque sinon de voir des « guerres civiles robotiques » ou l’annihilation du « rustre surplus de population » en faveur d’une élite minoritaire et privilégiée.

Et ce, dans les toutes prochaines décennies.

Lave-vaisselle DIY

Une des caractéristiques communes des personnes qui travaillent dans le numérique est celle de la haine envers les tâches périodiques et répétitives à effectuer manuellement.

Et avec un brin de fibre hacker, la problématique de cette tâche répétitive devient un défi avec comme résultat une solution efficiente voire originale.

Contexte: je vis dans un appartement de petite taille, avec un emplacement en cuisine qui force à faire un choix: machine à laver, ou lave vaisselle. C’est ce premier équipement qui occupe la place. Donc jusqu’à récemment, j’ai été dans la contrainte de devoir laver manuellement ma vaisselle, une fois par semaine. Une tâche très répétitive et vraiment peu passionnante qui me prenait plus d’une heure, surtout à cause du couple couteau + fourchette (~4 par jour = 28 objets à frotter).

Ma quête pour un lave-vaisselle format mini a été de courte durée: vu sa taille, c’est mon combi four+micro-ondes qui aurait dû être relégué ailleurs. Vu que c’est surtout les couverts qui m’empoisonnent la vie, quid d’une nettoyeuse aux ultrasons ? Si telle machine est tout indiquée pour nettoyer lunettes, verres de montre et autres pièces de monnaie, je n’en ai pas trouvé de taille suffisante pour y mettre des couverts.

Bref, il me fallait hacker le système et créer mon propre lave vaisselle.

Lave vaisselle: the basics

Un lave vaisselle est une machine qui:

  • chauffe de l’eau (~70-90°C)
  • mélange l’eau à un détergent non moussant
  • asperge la vaisselle avec cette eau
  • se vidange et rince la vaisselle
  • tombe parfois en panne et requiert des réparations onéreuses
  • fait du bruit, de la lumière, des SMS de notification de fin de cycle et autres terreurs pour chats

Puisque j’ai de l’eau chaude (à ~60°C selon mes mesures), que je peux trouver sans difficulté du détergent dans le commerce (et il y a pléthore de recettes de produit vaisselle DIY sur le net), et que je dispose d’un lavabo pouvant faire office de compartiment lave-vaisselle, il me fallait un appareil convertissant de l’énergie électrique (prise 230V) en énergie cinétique (courant d’eau pour nettoyer la vaisselle). Créer un maelstrom.

Faut que ça bouge

Mon idée initiale était simple: les bateaux utilisent le principe d’action-réaction pour avancer, en propulsant de l’eau au moyen d’une hélice afin de bouger dans le sens inverse.

Un ventilateur ? Non, il me fallait un truc submersible, un mini-moteur hors-bord. … autant dire que ce qui s’en approchait le plus sur Amazon c’était une turbine à pile pour bateau Playmobil, à l’hélice 10 fois trop petite pour actionner un volume d’eau suffisant.

Par la magie des objets similaires de la catégorie aquariophilie, Amazon me suggérait une pompe submersible.

Ça me séduisait: je vérifiais débit d’eau, alimentation, longueur de câble, usage « prévu », résistance à l’encrassage,…  Et ça tenait la route. Ce genre de pompe est normalement utilisé pour propulser l’eau hors d’un étang pour créer une fontaine, ou remonter l’eau au sommet d’une petite cascade, drainer des conduits, ….  avec une pression jusqu’à 2 bar. J’achetais.

Test et résultat

Mode opératoire:

  1. mettre dans le lavabo les couverts sales
  2. remplir le lavabo d’eau chaude jusqu’à immerger tous les couverts
  3. placer la pompe contre une paroi, mettre en marche
  4. ajouter le détergent
  5. laisser la magie opérer durant quelques heures

Et ça fonctionne ! La vaisselle en ressort plus brillante que jamais et il me suffit de les prendre par poignées entières et les rincer à grande eau, puis laisser sécher à l’air. Plus propre qu’avec une éponge surtout dans tous les petits interstices.

Mon eau chaude étant moins chaude que dans un lave-vaisselle « mainstream », je compense par une durée de lavage plus longue et une dose un peu plus forte en détergent (conso moindre en électricité contre surdosage en détergent, je pense que ça reste écologiquement avantageux face à un lave vaisselle).

La pompe étant conçue pour résister à des débris végétaux et autres impuretés d’aquarium, elle résiste sans mal aux quelques miettes détachées (et au delà du grain de riz c’est stoppé par le filtre de l’entrée d’eau).

En orientant bien la pompe je crée un tourbillon/maelstrom qui fait passer le détergent dans les moindres recoins et amène les miettes et autres saletés dans son milieu pour qu’ils s’y posent, loin de la vaisselle.

Au fil de mes utilisations, j’ai observé que les ventouses de la pompe adhères parfois mal aux parois (moins lisses que du verre), et donc la pompe repose au fond du lavabo. Afin de palier à tout risque d’inondation, je veille à remplir suffisamment le lavabo pour que, dans l’éventualité où la pompe se détacherait et s’orienterait jet d’eau vers le haut, le flux soit amorti et ne parvienne pas hors du lavabo. En plaçant la pompe contre le fond, je lui laisse virtuellement aucune chance à ce que le flux soit vertical en cas de détachement.

Voilà, à la prochaine et restez hackers 😉