Caméra de sécurité avec smartphone

Après avoir lu l’article de Numérama à propos de AtHome, une app Android permettant de faire une caméra de sécurité avec un smartphone, j’ai fait quelques tests et… n’ai pas été très satisfait·e. J’y vois surtout l’utilité pour « garder un œil » sur Bébé pendant son dodo dans sa chambre tout en restant sur le canapé au salon. Les fonctions d’enregistrement etc sont payantes, bien sûr.

Alors j’ai cherché et testé d’autres applications, et ce qui répondait le mieux à mes attentes est IP Webcam couplé avec Filoader.

La configuration est relativement facile mais très complète, il faut nécessairement tester (notamment pour vérifier si la batterie tient la charge !). Tout dépend du smartphone, donc je ne peux que détailler ma config:

  • téléphone Samsung Galaxy S II
  • résolution 640 x 480
  • format vidéo MKV (OpenH264 + Opus)

L’application  intègre un serveur web, on peut donc consulter la caméra avec un navigateur web, ou VLC, ou plein d’autres options. C’est notamment très pratique pour tester le calibrage de la détection de mouvement ou audio. Flash, vision nocturne, focus, zoom, capture photo, … très pratique. NB: l’accès n’est pas protégé par mot de passe !

 

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Bon, étape suivante. L’application découpe les enregistrements en séquences de 60 minutes horodatées. Quel est mon besoin ? Je veux mettre en place un dispositif contre les cambriolages. Le flux est trop lourd pour un envoi via internet (j’ai pas la fibre), ça fait du ~100 ko/s montant en permanence, et surtout… une caméra d’intérieur, on veut vraiment pas que ça atterrisse sur un serveur extérieur qu’on ne contrôle pas.

J’ai un serveur NAS, mais dans l’hypothèse d’un cambriolage il se ferait embarquer aussi. Et laisser les enregistrements sur le téléphone implique devoir périodiquement le manipuler. La meilleure solution: .. la Freebox. Il y a de bonnes chances qu’un cambrioleur s’en désintéresse, et elle contient un serveur FTP, et un contrôle parental pour refuser tout accès internet au téléphone. Très bien ! Toutes les heures, le téléphone envoie les enregistrements par FTP sur la Freebox.

À raison de ~300 Mo par heure de jour, et ~50 Mo par heure de nuit, ça nous fait… environ 6 Go d’enregistrements par jour en moyenne. Avec 240 Go dispo dans la Freebox, ça nous fait facilement 1 mois d’archives.

En outre, j’intègre dans mon script de sauvegardes une petite fonction à base de curlftpfs et find pour supprimer les fichiers de plus de 6 jours. Vu que j’exécute ce script manuellement, j’ai pas à craindre de vidange automatique malheureuse d’enregistrements intéressants.

Enfin… dissimuler le téléphone. Pour ce faire, j’ai utilisé un petit carton dans lequel j’ai percé un trou pour l’objectif, et dans sa face intérieure j’ai collé une pochette bricolée dans laquelle je glisse le téléphone. J’ai aussi coupé un « canal » au cutter pour faire passer le câble du chargeur en dessous et derrière le carton, d’où il descend un meuble jusqu’à la prise électrique. Discret, anodin, efficace 🙂  Période d’observation et test, vérifier si le téléphone surchauffe pas, s’il consomme moins que la vitesse de charge de la batterie, …

Et voilà ^^

Note de fin: c’est un sentiment un peu bizarre, je me sais « observé » par une caméra même si c’est moi qui en ai le contrôle. J’ai mis cela en place dans l’hypothèse d’un cambriolage sachant que je m’en voudrais d’avoir eu la possibilité technique d’avoir la tronche de l’auteur, le cas échéant. Et pourtant. Je sais mon sentiment complètement irrationnel, sachant que tout smartphone allumé est un potentiel micro-caméra espion contenant pléthore de capteurs divers et données pouvant servir à traquer la vie privée de l’utilisateur, et un smartphone allumé, bah.. j’en ai un de toute manière.

Du nécessaire débat sur la réduction du labeur humain

Sentiment étrange que de voir une corrélation entre le prolongement de l’état d’urgence en France, et la présentation d’un avant-projet de loi de réforme du code du travail quelques jours plus tard. Entre d’un côté l’interdiction possible de manifestations publiques même pacifiques, et de l’autre un texte au contenu proprement hallucinant, porté par une ministre déjà écornée dans « l’opinion publique » par sa méconnaissance du nombre de renouvellements possibles d’un contrat à durée déterminée.

Mais passons. Je laisse à mes confrères et consœurs blogeurses le soin d’entrer dans les détails de cet avant-projet de loi travail, expliquant en quoi il s’agit d’un recul des droits sociaux, un renforcement de la précarité des classes pauvres et moyennes, un suicidaire message politique, et surtout un non-sens économique même dans les modèles du XXe siècle. Et ce d’autant plus que je n’aurais pas à en subir les conséquences directes, mes dépendances financières étant peu rattachées à la santé commerciale et industrielle du pays. Je tenais à prendre de la hauteur, avoir une vue d’ensemble du présent, et pouvoir regarder vers les futurs possibles.

L’évolution technologique peut être motivée par deux grands objectifs, à des proportions variables: l’intérêt économique, et l’intérêt humain. Le capitalisme est souvent associé exclusivement (à tord) au progrès technologique, plaçant l’intérêt humain comme étant la conséquence de l’intérêt économique. On peut parfois voir de manière très explicite cette conception des choses, par exemple lorsqu’un producteur de disques affirme que sans vente de musique, les artistes ne pourraient pas en vivre et donc qu’il n’y aurait pas d’artistes. Mais c’est souvent ce producteur de disque là qui refuserait fermement les concepts comme les licences Creative Commons, alors que celles-ci renforcent les pouvoirs des artistes tout en donnant des libertés et droits au public.

Nous vivons une époque formidable. Car à défaut d’être joyeuse, elle nous amène à penser, à réfléchir, à remettre en question, à réinventer. Sous l’impulsion d’entreprises privées souvent, mais pas que. Régulièrement, je vois apparaitre ici une étude sur la proportion d’emplois qui seraient assurés par des robots, là une actualité sur les progrès réalisés par les concepteurs de voitures sans chauffeurs ou de drones de livraison. Le progrès technologique est exponentiel, au-delà d’une courbe suivant la loi de Moore, posant des défis bien plus difficiles et complexes qu’une simple mission habitée sur la planète Mars. Car c’est de modèles économiques et sociaux qu’il s’agit, touchant 8 milliards de créatures individuellement avides.

Je souriais récemment encore du conflit opposant l’entreprise Uber et ses chauffeurs VTC à l’entreprise G7 et ses taxis parisiens. L’entreprise Uber ne se développe pas bien du tout au Japon, vous savez pourquoi ? Parce que la clientèle est satisfaite du service des taxis pré-existant. Il n’y a donc pas de « rupture », pas de progrès sensible possible dans l’immédiat. Tandis qu’à Paris… je pourrais consacrer un article entier sur le nombre et la variété des critiques communément adressées aux taxis. Mais il ne faut surtout pas perdre de vue qu’Uber gère ses finances exactement comme Google, Amazon, etc: dégager une rentabilité maximale au plus vite, et réinvestir un maximum des bénéfices. Ainsi, l’entreprise paye peu d’impôts et peut développer de nouveaux produits. Un concept économique qui semble mieux marcher que le « modèle français » où pour développer un produit précis, une entreprise est choisie et touche des financements publics. Oui je pense à toi, feu « Cloud Souverain ». Toujours est-il qu’Uber investit tout ce qu’il peut dans la conception de voitures sans chauffeur, et bien qu’ils communiquent peu dessus (contrairement à Google), je pense vraiment qu’ils peuvent réussir à mettre au point un produit très fonctionnel et appuyer la modification de la législation pour permettre son usage, mieux que ce que pourrait faire Google ou Tesla ou Toyota. Ou plutôt: les uns la conception de la voiture, les autre la conception du logiciel. IBM et Microsoft. Une recette qui a déjà marché par le passé, pour un produit que le grand public attend impatiemment.

Ce matin, j’ai eu droit à une énième déception causée par La Poste. Et vous n’êtes épargnés de lire de lourdes injures publiques envers cette société que parce qu’ils effectuent, à l’heure actuelle, des essais de livraison par drone. Alors je voyais plus tôt ce jeune galérant sur son vélo jaune chargé de sacoches pleines de courriers non électroniques tandis qu’il montait une côte, et je me suis dit: « encore un petit boulot bientôt remplacé par des drones, capables de vous livrer courriers et colis à toute heure, directement chez vous, en moins de 10 minutes, à la demande de l’utilisateur ». Et puis Amazon qui conçoit aussi des drones et s’intéresse à tout ce qui est alimentaire, je me dis que livreur de pizzas est aussi un petit boulot appelé à disparaitre. Peut-être même que des géants tels McDonalds se retrouveraient avec des pieds d’argile…

Je regarde autour de moi, et je peine à trouver des boulots qui ne pourraient pas être assurés aussi bien voire mieux par des robots et l’IA. Même ce qui est artistique. Même ce qui est médical. Même ce qui est sexuel. Même ce qui est politique. Même ce qui est juridique. Même le présent blog pourrait être rédigé par une IA, reposant sur un réseau neuronal ayant analysé mes opinions passées voire la structure-même de mon cerveau afin d’en imiter et surpasser ma pensée. Tournis.

La logique du capitalisme repose sur la réduction des coûts. Les entreprises peuvent remplacer les employés humains par des employés d’IA, et elles vont le faire, massivement, très bientôt. À court terme, voici l’équation envisageable:

  1. le produit est crée, avec des coûts minimisés grâce à la robotique
  2. le produit est vendu très peu cher au grand public
  3. le grand public dépend financièrement d’un revenu universel réparti équitablement
  4. le revenu universel est alimenté par une taxe
  5. la taxe s’applique sur les revenus (et non les bénéfices) générés par l’entreprise faisant travailler des robots

Voici les éléments qui vont forcer l’application de ce genre de modèle:

  • la monnaie d’Etat est inflationnaire
  • par déliquescence de l’ancien modèle économique, le grand public s’appauvrit
  • pour répondre à cet appauvrissement et pour éviter émeutes et insurrections, les prix sont baissés
  • le creusement des inégalités va forcer à l’instauration d’un revenu universel afin de maintenir la paix sociale
  • les entreprises s’équipent de robots
  • les entreprises délaissent les emplois à durée indéterminée, exigeant même des candidats qu’ils « se vendent » exactement comme un commercial présenterait son produit

L’inconnue là dedans, c’est la réaction de la population. En effet, « papy boom » oblige, de nombreuses personnes vont atteindre bientôt l’âge de la retraite. Or, il y aura (et il y a déjà) bien trop peu d’employés (et donc de cotisants) pour maintenir les caisses d’assurance retraite, et le renflouement par un Etat déjà déstabilisé par la baisse des impôts (notamment sur le revenu, décroissant) et des taxes (notamment la TVA, alors que les prix baissent). Pire: l’espérance de vie étant croissante et progrès médical aidant (cellules souches, tout ça), un papy-boomer peut raisonnablement s’attendre à passer la moitié de sa vie à la retraite. Le modèle actuel est catastrophique. Or, et c’est là que ça va faire mal:

  • comment imposer un revenu de base universel alors que les papy-boomers, majoritaires dans la population, ont dû en chier durant 40 ans pour toucher une somme inférieure en pension retraite ?!

Oui, la transition sera ressentie comme étant injuste envers eux. Malheureusement je ne vois pas beaucoup d’autres alternatives plus acceptables. Je vous laisse imaginer la conséquence d’une saisie arbitraire de tous les livrets d’épargne, par exemple, alors que les papy-boomers sont « assis dessus » en vue d’en faire un héritage pour leurs descendants, alors que l’héritage est un patrimoine très inéquitable. Or celles et ceux qui ont les livrets les mieux garnis sont aussi ceux qui touchent le plus de pension retraite, donc c’est peut-être par cette piste-là que le revenu universel de base serait accepté.

Quid du labeur humain donc, remplacé avantageusement par des robots ? Risque t-on de se retrouver dans une société fainéante et incompétente, dépendante des robots, gouvernée par les robots ? Question complexe.

Que les humains vont soudainement ne plus rien faire après que les robots soient capables de s’auto-améliorer, j’y crois pas un seul instant: les humains ne supportent pas l’ennui. À divers degrés, les humains ressentent le besoin d’apprendre, de découvrir, de créer notamment de l’art. N’étant plus enchainés au besoin économique, je prophétise que les humains auront le temps et l’envie d’apprendre, toujours davantage, et la robotique sera là pour développer toujours de nouvelles technologies qu’on pourra admirer et apprendre au quotidien. Ce qu’on y perdrait ? Disparition des prix Nobel, car plus d’humains à récompenser. À moins que le prix Nobel pourra récompenser des algorithmes, féliciter des robots. La profusion de connaissances et technologies sera telle que les humains vont se spécialiser d’eux-même par préférence personnelle, et donc l’humanité sera plus compétente que jamais, capable de restaurer toute son infrastructure en très peu de temps suite à un vent solaire ayant fait griller tous les robots par exemple, exactement comme une fourmilière qui répare les dégâts avec une efficacité déconcertante quand un enfant humain donne un coup de pied dedans.

Les humains, gouvernés par des robots ? Ne rigolez pas, on en a eu très récemment un prémisse en la personne de Jean-Luc Mélenchon, utilisateur et promoteur de NationBuilder. Si NationBuilder est à peine une IA d’assistance aux politiciens en campagne, l’idée d’un gouvernement entièrement IA est plausible… voire souhaitable. J’en ferais presque un slogan: imperium ex silicium.

Est-ce que notre génération saura relever ce défi ? Humains, surprenez-moi !